ChatGPT, le machine learning et les AI: Quel futur pour les créatifs et les designers?

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C’est LE sujet du moment, suite à la sortie en novembre 2022 de ChatGPT tout le monde s’est mis à parler des intelligences artificielles (IA), ou AI en anglais (Artificial Intelligence), et de leur conséquence sur nos vies. Dans le milieu du design et du copywriting, nombreuses sont les craintes et les inquiétudes sur leur impact: allons nous finir au chômage, dépassés par les machines? Nos métiers ont-ils toujours un sens fasse à l’évolution incessante de la technologie?

L’avènement des IA au 21e siècle

Les IA, (pour Intelligences Artificielles) ou AI en anglais (pour Artificial Intelligence) sont un ensemble d’outils et de techniques utilisés en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine et ses comportements, tels que le raisonnement, la planification ou encore la créativité.

En 1997, le programme Deep Blue bat le champion mondial d’échecs à plate couture.

En 2022, le tableau crée par l’intelligence artificielle MidJourney remporte le concours d’art de la foire annuelle du Colorado. 25 ans séparent ces deux événements pendant lesquels nous avons pu observer l’avènement des machines: les IA sont présentes dans nos quotidiens que ce soit par la reconnaissance vocale (Alexa, Google Home, Siri…) ou par la reconnaissance visuelle (Face ID, Google Lens, traduction automatique…) elles sont partout autour de nous.

La représentation des IA dans la science fiction et la pop culture (Ex Machina (2014), The Matrix (1999), ou même Blade Runner (1989)) a grandement participé aux craintes qui sont soulevées aujourd’hui: La machine dépassera-t-elle l’Homme? Serons nous un jour dominés par la super intelligence?

Ex Machina (2015) – Alex Garland

Pas d’inquiétude ! … Ou presque

L’intelligence artificielle a initialement été imaginée pour accompagner l’Homme dans ses besoins, mais les nouvelles technologies nous permettent sans cesse de faire évoluer nos requêtes et de pousser toujours plus loin les limites du possible. En 2021 la startup Playform.io a entrainé une IA à imiter le style de Beethoven, pour finir sa 10e symphonie en utilisant les notes qu’il a laissées après sa mort. Le résultat très convaincant nous fait nous questionner sur la limite entre l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle, tellement il est difficile de la déterminer.

L’utilisation des IA dans l’art fait d’ailleurs grand débat, puisque l’intelligence se nourrit d’œuvres existantes, œuvres qui ont été elles-mêmes créées par des humains par le passé, cela rentre-t-il dans la définition du plagiat? Comment s’approprier en tant qu’artiste de l’art qui n’a pas été conçu entièrement et exclusivement par nous? Et surtout, quel rôle tient l’artiste dans le processus de création?

Pour tenter de répondre à ces questions, Jonathan Larradet dans le podcast “Machine Machine: Design & IA” de Design Masterclass, nous raconte comment il s’est servi des IA dans son quotidien professionnel d’artiste. Jonathan nous explique que le secret d’une utilisation réussie de l’IA, ce n’est pas de la voir comme une solution de travail fini, mais comme un outil de simplification de son workflow. Ainsi, l’artiste, le designer, l’humain, doit adapter sa créativité pour qu’elle ne soit pas remplaçable, mais indispensable à l’utilisation de la machine, et utiliser l’IA pour nourrir sa réflexion, son travail, et gagner du temps. En faire une alliée en quelques sortes.

Les limites du machine learning

Nous avons tous vu passer le chatbot Tay, exemple raté d’IA, qui en quelques heures était devenu raciste, misogyne et antisémite (et j’en passe…). Une intelligence artificielle ne traite que les données qui lui sont transmises, dans ce sens, elle est déjà limitée. Et c’est exactement ce point qu’il faut retenir!
Charles Tijus, professeur de psychologie cognitive à l’université Paris 8 et directeur du Laboratoire des Usages en Technologies d’Information Numériques (LUTIN) pour le magazine sciences et avenir nous explique: “[…] Se laisser conduire par la machine qui nous dicte nos préférences sans comprendre les mécanismes sous-jacents… voilà le danger ! Avec en perspective l’émergence de deux “classes cognitives”, notamment en milieu scolaire : d’un côté des enfants plutôt favorisés qui seraient actifs vis-à-vis de l’IA et, d’autres, moins éduqués, qui en consommeraient de manière passive et pourraient, par exemple, se trouver sous l’influence d’une IA propagatrice d’idéologie.”

Ainsi, si une IA peut nous ouvrir à de nouvelles possibilités de création et de compétences, ses limites résident dans l’utilisation que nous en faisons, rester actif, lui inculquer notre originalité et lui transmettre nos émotions, sans lesquelles elle ne peut pas fonctionner correctement.

Une autre limite qui est régulièrement mise en avant c’est le manque d’empathie et d’émotion d’une IA et c’est un point très important dans le milieu du design, car si c’est un outil pour la créativité, il faut rappeler que la créativité est plus que la simple capacité à générer des idées. Elle ne peut absolument pas remplacer la connexion et les interactions humaines qui font que nous aimons ou non une œuvre: la sensibilité, la profondeur, la signification.

Conversation avec l’OpenAI ChatGPT

Quel futur pour l’emploi et les métiers créatifs?

Une étude de 2021 nous indique que dans 60% des cas, les machines peuvent exécuter des tâches mieux que les humains. Par exemple, les robots peuvent travailler sans relâche et sans se fatiguer, sur des tâches répétitives, ce qui est très utile dans les industries. Dans des domaines plus informatiques, les algorithmes peuvent calculer et analyser des données à une vitesse et une précision qu’on ne peut pas attendre d’un humain (selon une autre étude, 20% plus rapidement).

Mais alors, si les IA réussissent déjà à réaliser des tâches aussi complexes qu’un diagnostic médical, peut-on s’inquiéter des emplois moins “qualifiés”? Selon les projections de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) lors du Rapport initial pour la Commission mondiale sur l’avenir du travail près de 85% des emplois pourraient être automatisés d’ici 2035.

L’IA a déjà montré sa valeur pour augmenter ou même remplacer la créativité humaine dans de nombreux domaines plus techniques, mais au sein de la communauté artistique comme nous avons pu le voir, la place de l’humain est centrale: son empathie, son émotion, la capacité à comprendre les besoins et à proposer des solutions uniques liées à son expérience, sa classe sociale et sa culture son des éléments primordiaux. Le machine learning sera de plus en plus utilisée pour créer ou améliorer l’art, la musique et d’autres formes d’expression créative et non pas les remplacer. Il est plus probable que l’IA se contente de compléter et d’aider la créativité humaine, plutôt que de la détrôner.

Extrait du rapport initial pour la Commission mondiale sur l’avenir du travail de l’OIT

Des exemples concrets d’outils de productivité qui nous plaisent

Chez Alexem Studio, nous utilisons des intelligences artificielles pour faciliter notre workflow car nous croyons que c’est la voie de l’avenir. We go with the flow, comme on dit!

Plusieurs de ces avantages sont déjà disponibles dans les logiciels que nous utilisons chaque jour. La suite Creative Cloud du géant Adobe (et son IA Adobe Sensei) nous inonde de petites avancées très efficaces pour nous permettre d’utiliser nos logiciels encore plus rapidement (allo détourage automatique). Canva aussi d’ailleurs. Chaque fois que vous lui demandez de redimensionner un post automatiquement, c’est une IA à l’œuvre.

Les agents conversationnels comme ChatGPT ou Jasper, sont des ressources inépuisables d’idées pour nos rédactions de textes, on adore pousser leurs limites pour nourrir nos réflexions et créer du contenu original.

Les outils de deep learning comme Dall-e, Fontjoy, ou mycolor.space nous aide aussi grandement à trouver l’inspiration nécessaire pour concevoir les superbes identités visuelles que nous livrons à nos clients.

Conclusion

Finalement, l’enjeu réel du machine learning n’est pas vraiment de savoir si les IA vont remplacer nos emplois, et notamment dans le milieu du design et du copywriting, où il est à peu près sûr que nos métiers seront encore nécessaires au fonctionnement des intelligences artificielles. Le vrai enjeu est de trouver un moyen de continuer à créer ces outils comme des évolutions technologiques d’aide à la création et à l’efficacité, tout en s’assurant que les générations futures puissent avoir accès à la technologie dans toutes les strates de la société et dans tous les pays en voie de développement, pour réduire les inégalités liées à la technologie.

Il subsiste néanmoins une dernière inquiétude dont il est difficile de prédire l’avenir, celle de la super intelligence (HLMI High-Level Machine Intelligence): l’hypothèse selon laquelle l’intelligence artificielle pourra dans le futur dépasser l’intelligence humaine de manière significative. Selon un sondage réalisé par les universités d’Oxford et Yale auprès des spécialistes de l’IA et du machine learning en 2019, il y aurait une chance sur 3 pour que l’AI dépasse l’IH d’ici 2062… Ça fait méditer!

Et vous, quelles sont vos craintes liées aux IA? Y voyez vous déjà des aides cruciales pour votre workflow professionnel et personnel? Quels enjeux sont liés à votre secteur d’activité?

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